Le château de Morat

Le château de Morat
Le plan de la bourgade hautmoyenâgeuse, marqué par trois rues longitudinales - c'est sur la plus large, celle du milieu, que se tenait le marché -par une rue transversale et par un système de cours fort bien conçu, peut en substance être attribué aux Zaehringen. Sous le règne de Berchtold IV, le duché fonda la nouvelle ville de Morat, selon toute vraisemblance aux environs de 1180. Il n'est toutefois pas exclu que le renflement, côté ouest, du plan de la cité à part cela rectangulaire, la saillie pointue dans laquelle s'élève le château, la déviation axiale du plan par rapport au quadrilatère formé par les ruelles, de même que la porte occidentale de la ville déplacée en direction du château soient les indices d'une place fortifiée antérieure.

De fait, il est question dans les documents d'un château à l'époque du royaume de Haute-Bourgogne, mais détruit en 1032 lorsque ce territoire tomba sous la domination de l'empereur Conrad II le Salique. Il serait possible qu'un ouvrage reconstruit après avoir été pris d'assaut au XIe siècle ait occupé l'éminence dominant la rive, délimitée de chaque côté par des tranchées naturelles. En 1218, après l'extinction des Zaehringen, Morat obtint l'immédiateté impériale. Mais face à la convoitise et aux exigences de souverains tels que les comtes de Habsbourg et ceux de Savoie, sa position demeura fragile, même si, par moments, elle chercha appui auprès de Fribourg. La ville devint savoyarde en 1255, sous Pierre II, et, quelques brèves périodes habsbourgeoises mises à part, le demeura de 1291 jusqu'à 1'éclatement des guerres de Bourgogne, en 1475. En 1238 encore, le roi Conrad IV de Hohenstaufen, alors souverain suprême, avait promis aux citoyens de Morat une immunité fiscale de quatre ans à condition qu'ils construisent autour de leur ville une enceinte de douze pieds de haut (env. 3,5 mètres). Il est fort probable que les restes de murs conservés dans les parties basses des remparts, que l'on reconnait à leur appareil de gros galets et de pierres de taille maçonnés en épis, datent de cette époque. Les remparts ont dû être renforcés sous Pierre II et surhaussés après plus d'un siècle, soit en 1377/78. C'est ainsi que vit le jour l'imposant ouvrage dont nous est restée une importante partie. Plusieurs tours supplémentaires semblent avoir été ajoutées au XIVe siècle. L'incendie qui dévasta la ville en 1414 n'endommagea apparemment pas les remparts, qui subirent une réfection en 1469, sous le règne des Savoyards, puis en 1475. Ces derniers travaux furent entrepris en toute hâte par Berne et Fribourg, qui eurent bientôt à affronter les assauts de Charles le Téméraire.

Ce n'est pas en dernier lieu à Pierre II de Savoie que le château de Morat doit d'avoir été agrandi au haut Moyen Age et on peut fort bien imaginer que c'est sous ce souverain qu'ont été construites, après 1255, la superstructure du donjon, au-dessus de la petite fenêtre percée au haut de la façade sud, et la tour ronde qui se dresse à l'ouest de l'ouvrage. Contrairement à la technique appliquée et propagée par l'architecte de la tour centrale, celle-ci ne repose pas sur un plan circulaire, comme par exemple les tours presque contemporaines de Bulle et de Romont. Ce que d'aucuns expliquent par l'existence éventuelle à cet endroit des bases d'une tour antérieure de plan presque carré, des bases sur lesquelles on aurait tout simplement érigé de nouvelles murailles. La porte surélevée fut ménagée dans la face nord du donjon. Elle a été murée il y a déjà fort longtemps. De la cour, on aperçoit encore la moitié de l'arc qui la surmontait.

L'histoire de la construction du château de Morat, qui se présente sous la forme d'un pentagone irrégulier, n'est pas très facile à saisir. On sait qu'au milieu du XVe siècle, le fossé fut prolongé du côté de la ville. Dès ce moment, tout l'ouvrage fut donc entouré de fossés.

C'est armé de telles défenses qu'il dut, au début de l'été 1476, affronter l'assaut et le siège des troupes bourguignonnes. Sous le commandement inflexible d'Adrien de Bubenberg, un contingent de 2000 soldats, donc relativement modeste, leur opposa pendant douze jours une résistance héroïque. Le 22 juin, Charles le Téméraire et son armée de plus de 20000 hommes devaient s'incliner devant les Confédérés et leurs alliés qui, après des marches souvent fort longues et harassantes et après avoir réussi à camoufler fort ingénieusement leur avance, s'étaient portés au secours des défenseurs de Morat.

Il fallut plusieurs années pour reconstruire les remparts et leurs six tours fortement endommagés, sinon détruits, pendant l'assaut bourguignon. Les moellons de grès utilisés lors de ces travaux ont donné à maints endroits un nouvel aspect aux murs d'enceinte. Après sa réfection, le château n'abrita plus l'administration savoyarde, mais celle du bailliage commun de Berne et de Fribourg. Les représentants de ces villes, des avoyés, résidèrent dans ses murs jusqu'en 1798. Plusieurs bâtiments virent le jour durant cette longue période, ainsi l'annexe d'entrée et, au XVIe siècle, la tour d'escalier érigée dans la cour. Avec divers remaniements, ils firent peu à peu du château un siège administratif d'apparat. Dans plusieurs de ses pièces, divers éléments trahissent les styles Renaissance tardif, baroque et Biedermeier. Le château a été transformé en préfecture en 1803.

Grâce à un heureux hasard, mais aussi au manque des moyens qu'aurait nécessités au XIXe siècle la démolition des remparts médiévaux de Morat, ceux-ci, ont en grande partie été conservés à la postérité.

# Posté le lundi 30 mai 2005 10:06

Le château de Bavois

Le château de Bavois
Très ancien, plus ancien même que celui de Champvent qui lui fait signe de l'autre côté de la plaine, le château de Bavois a bien perdu son aspect féodal, si bien qu'aujourd'hui il apparaît plutôt comme une maison forte.

Au siècle passé, pourtant, il possédait une seconde tour ronde encore visible dans une gravure de Wagner daté de 1838, tour coupée aujourd'hui à hauteur du toit du bâtiment central.

Remontant assez haut dans l'histoire, on découvre que la terre de Bavois appartenait dès le XIle siècle aux sires de Joux. Le château de Joux existe encore sur la route de Pontarlier, au haut des rochers à gauche avant d'arriver à cette ville.

En 1263, les sires de Joux cédèrent Bavois au comte Pierre II de Savoie lequel, on le sait, cherchait par tous les moyens, guerres et achats, à arrondir ses possessions au nord du lac Léman. C'est probablement lui qui fit construire les tours rondes aux angles du château, une innovation remarquable à l'époque.

On connaît assez bien la liste des propriétaires successifs du château de Bavois. Presque à chaque génération, ils changeaient de nom tout en restant dans la même famille, ou à peu près, parce que le domaine se transmettait par les femmes qui l'apportaient en dot à leur mari. Cette situation dura, des siècles et se compliqua encore du fait qu'il y eut longtemps, à Bavois, deux châteaux. Celui de Bavois-Dessus et celui de Bavois-Dessous, situé plus au nord, et qui a disparu aujourd'hui.

En 1747, la famille Pillichody acheta Bavois-Dessous et en 1794 Bavois-Dessus, réunissant ainsi les deux domaines en un seul.

Malheureusement, le dernier seigneur, François Pillichody, se fit en 1798 le défenseur de l'ancien régime en organisant à Orbe la résistance contre la révolution, tandis qu'un autre citoyen de Bavois, Agassis, se mettait à la tête des Bourla-Papey en 1802, d'où une lutte féroce entre les deux chefs. Agassis commença par envahir le château , de Pillichody et à brûler tous les titres féodaux du seigneur de Bavois.

Après le départ de Pillichody, le château revint à l'Etat qui, ayant besoin d'argent, le revendit à un particulier, y compris les meubles dont la mise aux enchères dura une semaine.

De cette vente qui vidait le château de meubles de prix, on dut excepter deux armoires si hautes qu'on ne put les sortir des chambres, si bien qu'elles y sont toujours!

Pendant les guerres de Bourgogne, le château eut la chance d'échapper à l'incendie et au pillage entrepris par les Suisses dans le Pays de Vaud pour une raison fortuite. Le seigneur de Gléresse, près de Nidau, venait d'épouser Béatrice de Montsaugeon, dame de Bavois (encore une transmission par les femmes!). Et comme la famille de Gléresse était bourgeoise de Berne et que les amis de nos amis sont aussi nos amis.... les Suisses passèrent devant Bavois avec respect.

Cet incident explique pourquoi l'édifice est parvenu jusqu'à nous dans un état de conservation assez remarquable, malgré quelques transformations. Il comprenait quatre tours en tout, deux tours au nord qui sont encore entières, une tour au sud qui a été décapitée au siècle passé pour la recouvrir avec le même toit que le bâtiment central.

Le château de Bavois, de Augustin Lombard, père de l'actuel propriétaire (1988)

Le château est actuellement une propriété privée.

# Posté le lundi 30 mai 2005 10:03

petit mot

petit mot
Charles le Téméraire et les Confédérés ne s'aimaient visiblement pas beaucoup. Avant la bataille de Morat, le duc annonce crûment qu'il 'passera par l'épée tout Suisse qui tombera dans ses mains afin de débarrasser de la face de la terre ce peuple de brutes.'

- Les Suisses, qui seront en fin de compte victorieux, ne demeurent pas en reste. Si l'on en croit en effet des témoignages de l'époque, les soldats bourguignons en fuite seront "embrochés comme des oies de Noël" et leurs cranes fendus "comme on casse des noisettes". L'expression 'cruel comme à Morat' entrera dans le langage du lieu. Et la couleur rouge que prend parfois le lac de Morat – et qui est en fait provoquée par une algue – est souvent évoquée comme étant "le sang des Bourguignons".
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# Posté le jeudi 26 mai 2005 11:07

La Confédération au XVème siècle: toujours plus puissante

La Confédération au XVème siècle: toujours plus puissante
La Confédération n'était à l'époque pas la seule 'puissance' à vouloir 'arrondir' son territoire. Aux XIVème et XVème siècles, on assiste à une montée en force du Duché de Bourgogne, qui va devenir, en moins d'un siècle, l'une des puissances les plus riches et les plus ambitieuses d'Europe occidentale.

Vers le milieu du XVème siècle, le territoire bourguignon s'étend en gros – mais il est morcelé – des Pays-Bas au nord jusqu'en Franche-Comté, à l'ouest de ce qui est aujourd'hui la Suisse. Le Duc Charles le Téméraire, qui arrive au pouvoir en 1467, va tout faire pour relier les portions de son territoire encore isolées mais ses visées sont considérées par Berne comme une menace.

En 1476 et 77, lors des batailles de Grandson, Morat et Nancy, les Bernois, avec l'aide des autres Confédérés (qui interviennent cependant avec réticences), écrasent l'armée bourguignonne. Charles le Téméraire est tué à Nancy.

Du point de vue territorial, les Confédérés tirent peu de profits de cette victoire. Le principal bénéficiaire en est la monarchie française, qui, avec la défaite de Charles le Téméraire, est débarrassée d'un dangereux rival dont elle récupère le Duché. D'autres fiefs du Duc tombent entre les mains des Habsbourg.

# Posté le jeudi 26 mai 2005 11:02

CANTON DE ZURICH

CANTON DE ZURICH
Le canton germanophone de Zurich (1 728,9 km2, 1 168 567 h.), au nord de la Suisse, est situé presque entièrement dans le Plateau, avec une extrémité sud et sud-est située dans les Préalpes. Après les cantons «urbains» de Bâle-Ville et de Genève, Zurich est le canton le plus densément habité du pays. C'est dire la concentration d'habitants et d'activités de cette région, marquée par la présence en son centre de la ville de Zurich, capitale économique de la Suisse, et sa vaste agglomération, qui se prolonge en direction de Schlieren et Dietikon à l'ouest, Dübendorf, Kloten (aéroport), jusqu'à la ville de Winterthur au nord-est, Thalwil et Küsnacht le long des rives du lac.


Le canton est entré dans la Confédération en 1351.

Les quatre régions du canton
La région du lac de Zurich (Zurichsee) se trouve au sud-ouest. De forme allongée et étroite, le lac ne mesure que 4 km dans sa plus grande largeur, près de Wädenswil. Malgré la présence de vignobles et de vergers, les rives du lac sont essentiellement lieux de plaisance et de séjour, ou lieux de résidence de la population aisée de la ville (Côte d'or, sur la rive droite).

La rive sud constitue un axe de communication important avec l'est et le sud-est du pays, puis avec l'Autriche et une partie de l'est de l'Europe.

L'Oberland zurichois («Haut-Pays»), à l'est du canton, est une région boisée au relief accidenté, traditionnellement liée au textile (industrie du coton, broderie).

L'Unterland zurichois («Bas-Pays»), à l'ouest et au nord, est un prolongement de l'agglomération industrielle zurichoise (industrie mécanique, aluminium).

Dans sa partie occidentale, cette région est également un axe de communication important en direction de Berne, capitale politique de la Confédération, la Suisse romande, et Bâle, deuxième ville du pays et important pôle économique.

Dans sa partie septentrionale, la région a préservé une économie rurale, en partie viticole, entre les villes industrielles de Winterthur et de Schaffhouse (chef-lieu du canton du même nom).

Les Préalpes zurichoises, au sud, sont une région de polyculture (céréales, vergers, cultures maraîchères, vignes) et d'élevage, sur les hauteurs.

# Posté le jeudi 26 mai 2005 09:49